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Lecteur aimé, tu as choisis la voie de la curiosité en te posant la question fondamentale " mais komenkonfèdi une BD?". Sois rassuré, je te dévoile ici bas, tout nos trucs, astuces et bottes secrètes. Je vais sur ces pages tout te dire et t'indiquer avec la complicité de Bruno Di Sano comment, de A jusqu'à Z, on s'attaque à la création d'une bande dessinée. T'es prêts? En selle !...
1. le scénario : premier point important, une seule information par case. Il ne faut pas y insérer trop d'événement à la fois. Par exemple : Un héro de ta bd apprend la faillite de sa société et s'étonne en eructant milles gouttes et dans le même temps un tremblement de terre sévit avec rage et à ce même moment un bandit en profite pour lui voler sa voiture fraichement défaillante et qu'en coordination un pant de l'immeuble lui tombe sur la tête, et...et......hum la... ton histoire sera confuse et lourde tu me suis? Répartis donc mieux les événements. Ensuite la construction de l'histoire se doit, en bas de la page, de finir par un suspense qui doit donner au lecteur l'envie de tourner cette dite page, de susciter sa curiosité par un moment de tension, un péril soudain, une question importante, etc.… Nous lisons de gauche à droite, quand des personnages se déplacent, le scénariste (si tu en as un, sinon deviens en un toi même) doit veiller à les faire avancer vers la droite du lecteur ceci afin de faciliter la lisibilité. De même dans un dialogue il faut veiller à la position des personnages. En général c'est presque toujours celui de gauche qui parlera le premier.
2. Le papier : Utilise du papier épais, à grain fin et bien blanc (du schoeller si tu en trouven encore comme on le faisait du temps ou François Walthery était comme maintenant, jeune beau et dru ou.... du canson). Ces papiers ont l'avantage de pouvoir être gratté à la lame de rasoir sans faire de peluches ce qui permet par conséquent de faire des retouches tout en finesses. Utilise une taille de feuille au moins du double que celle de la publication. En fait plus la taille de la feuille est grande et plus tes dessins gagneront en qualités et en détails au prix d'un travail certains je te le concède.
3. Le crayon : Prend un crayon sec (à mine dure) c'est plus facile pour effacer en cas de rature à condition de ne pas avoir appuyé trop fort. Le crayon à mine plus tendre ou plus grasse, donne un beau trait noir et est plus agréable à utiliser, mais il te charbonne toute la page en quelques coups et se montre très retissant à disparaître sous la gomme et manque de précision ( je m'entend encore pousser des râles terrifiants lorsque j'étais novice et ignorant). La marque staedtler lumograph est le meilleurs choix.
4. L'encrage : Pour que l'encre accroche bien, dilue-la avec un peu d'eau ou tu auras ajouté une goutte de savon de vaisselle (c'est très sérieux). Préfère une encre de chine bien noire. Laisse le flacon ouvert quelques temps avant d'encrer pour laisser évaporer l'encre qui sera plus épaisse et deviendra plus noire. Ne travaille jamais au feutre par exemple, même l'indélébile, si tu veux que tes planches durent longtemps.Mais si tu deteste l'encre et la plume alors choisis un Faber Castell Pitt artist pen (ca va respire un peu tu deviens tout rouge). A part celui la qui est à base d'encre de chine l'encre de marqueur s'efface au bout de quelques années voire même de quelques mois dans certains cas.
5. Le coloriage : Il existe de bons programmes à l'heure actuelle pour le coloriage, si tu possèdes de bonnes connaissances en la matière ou si tu as décidé de t'y mettre sérieusement à en apprendre toute les ficelles, les logiciels Photoshop CS et Painter sont parmi les meilleurs pour la colorisation de tes cases. Sinon utilise les anciennes méthodes de nos cher maîtres tel que René Hausman et ses gouaches magnifiques.
Une planche colorisée de Rubine
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Te voila paré dès à présent des cinq règles fondamentales. Rentrons maintenant plus en détails, avec toute la verve qui nous caractérise, dans l'exploration en profondeur de la conception d'une bande dessinée avec quelques trucs, astuces et conseils qui pourront t'aider avec efficacité. Vu que tu t'es donné la peine de lire jusqu'ici courageux apprentit et que tu m'as l'air vraiment rempli de curiosité poursuivons notre voyage dans la connaissance...
Si pour ta bd tu envisage un gag ou un thème déjà employé, utilisé ou vu ailleurs…abandonnes tout de suite !! tuu t'expose à l'effet zéro ! Tu te ferais même à la limite accusé de plagiat. Reste toi-même et fouille dans les lobes fumeux de ton cortex spongieux pour trouver tes propres idées.
Sors de chez toi pour trouver l'inspiration, rencontre des gens, des amis, tiens toi au courant de la mode, ce n'est pas en restant cloîtré comme un « otaku » (ndlr : personne de nationalité japonaise qui ne sors jamais de chez lui, se gave de jeux vidéo, de manga et de nourritures cholestérolisantes ) que tu trouveras le déclic qui t'amènera à écrire l'histoire originale de la mort qui tue.

Un extrait de scénario par Mythic Di Sano et Walthery
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Il faut te documenter sérieusement sur le thème que tu as choisi pour assurer une bonne crédibilité au ton récit que tu vas composer de tes petites menottes menues. Pour les dialogues, si tu hésites un peu sur la bonne manière de poser une question, écris d'abord la réponse. La formulation de la question ensuite te paraîtra très évidente.
Le scénario d'une bande dessinée s'écrit comme celui d'un film de cinéma sauf que le scénariste dans le cas qui nous intéresse écrit aussi les dialogues. Pour que ta bd soit bien réalisée, le scénariste doit penser en image. Ce n'est pas de la simple littérature. Au cinéma on dispose d'une seule image à la fois qui prend la totalité de l'écran. Dans une bd c'est la double page qui se présente à nos yeux, le scénariste doit se mettre dans l'idée que le lecteur voit deux pages d'un coup ! Faut y penser, c'est très important ! Une autre astuce de travail est d'utiliser un peu le principe du théâtre, c'est-à-dire : unité de temps, de lieu et d'action. Sur une même double page il serait maladroit de placer des scènes qui se déroulent dans un immeuble, sur un parc, dans le grenier d'une maison de campagne et sur une île du pacifique…tu t'imagines un peu le cafouillis ? La scène ne doit pas durer nécessairement sur une double page mais si par exemple l'élément le plus important de l'atmosphère de la scène est la nuit, c'est elle qui devra remplir le plus de case.

Un scénario du personnage de Rubine
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Evites aussi de trop charger ton texte dans ta bd, Hergé avait le chic pour souvent écrire de véritable roman dans ses bulles. Ca plait au gens qui aiment la littérature ou qui sont tintinophiles ou qui ont le souci du détail mais si ta bd s'adresse à un jeune public ils te zapperont sans sourciller, oui, ils sont comme ça eux.
Pour un maximum d'efficacité les professionnels rédigent ce qu'on appelle un synopsis. Voici quelques règles d'écriture : Un synopsis est un résumé de récit mené jusqu'au dénouement, il précise le titre, la longueur envisagée de l'histoire, le nombre de personnages important. Il n'y a pas de dialogue dans un synopsis, c'est en quelques sortes le squelette du scénario. Le travail du synopsis doit être propre et lisible, les phrases bien construites, le texte découpé en paragraphe et une orthographe vérifiée. Un synopsis te servira à présenter ton projet à un éditeur, donc il est dans ton intérêt de bien soigner ton travail. Pour t'assurer d'avoir correctement écrit, fais lire ton synopsis à tes amis, il se peut que tu aies peut-être oublié des éléments, ou l'on comprendra mal ce que tu as voulu écrire. La critique de proches te fera indubitablement progresser dans ton travail et te permettra de bien avancer.
Le synopsis terminé définis les grandes lignes et les principaux personnages de ton histoire. N'utilise pas trop le passé dans ton scénario, dans une bande dessinée l'action se déroule dans l'instant sous les yeux du spectateur. N'écris pas de phrases trop longues. En général un texte trop lourd lasse le lecteur( comme je te le citais plus haut avec l'exemple d'Hergé). N'oublie pas que ton scénario s'adresse avant tout au dessinateur. C'est un outil qui lui permet d'avoir toutes les informations nécessaires pour mettre le récit en dessins. Par conséquent, le déroulement de l'histoire en détails, les actions, la description des personnages principaux, les lieus de l'action, les décors, les rebondissements, les dialogues.
Vient ensuite le découpage. C'est l'étape cruciale de la création d'une bd. Le découpage se doit d'être le plan complet scène par scène et images par images. Il faut décrire chaque action case par case avec indication de plan et de cadrage soit préciser la façon dont tu souhaite que l'image se voie. Le découpage se dessine sous la forme de croquis dialogués
La planche : Une fois le scénario terminé le travail du dessinateur commence. le choix du matériel du dessinateur t'as été expliqué en détails plus haut dans cet article, bref nous passerons outre si tu le permets ceci afin d'éviter de se répéter comme de vieux gâteux.
Intéressons nous au format. Il faut dessiner sur une feuille de grand format pour que ton travail soit plus précis. La bonne astuce consiste à utiliser des feuilles de format A3. C'est un format assez grand et agréable à manipuler. On appelle « planche » une page entière de bande dessinée donc ta feuille de format A3 sera une demi planche ou une planche entiere si tu t'en sens capable.

Une planche par Bruno Di Sano
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Une planche de bd est composée en règle générale de deux à quatre bandes superposées. Mais tu peux aussi être plus créatif en variant la taille des cases. Dessine au préalable avec ton crayon deux ou trois bandes de la grandeur désirée. Les bandes peuvent avoir des hauteurs multiples mais doivent toujours avoir la même largeur. Une planche doit toujours être entière. Tu ne peux pas faire contenir qu'un seul quart ou une moitié de bande. Une fois les bandes tracées, divises les pour placer toutes les images prévues par le scénario. En résumé ton travail doit avoir un format plus grand que celui de la publication pour te permettre plus de finesse dans ton trait. Mais il faut que tu gardes à l'esprit que si la grandeur de tes cases est réduite de moitié il en sera de même pour l'épaisseur de ton trait. Plus grand est ton format, plus il faut épaissir ton coup de rotring, plume ou pinceau cela vas de soi.
Avant de passer au crayonné tu auras fait des croquis pour tes personnages, des brouillons de décors, enfin une longue recherche de traits pour trouver les meilleurs attitudes ou positions de tes personnages et décors.

Esquisses et études de personnage par Bruno Di Sano
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En t'aidant de tes esquisses passe à l'exécution du crayonné de ta planche. N'appuie pas trop sur ton crayon et sois patient, un dessinateur professionnel met en moyenne à peu près une heure par plan. Si une case te pose un problème, passes à une autre et reviens sur celle-ci plus tard. Le must est d'utiliser une table lumineuse pour reproduire les dessins de tes esquisses. Pour tes dessins il y a de petits trucs à retenir aussi. Par exemple pour montrer qu'un personnage un véhicule ou un projectile se déplace, tu dessines derrière eux une ou plusieurs lignes horizontales qu'on appelle dans notre jargon « lignes de vitesse ». Plus ta ligne sera longue, plus l'impression de vitesse sera grande…sans trop exagérer évidement.
L'encrage se fait en quatre étapes. Si tu n'utilises pas un logiciel spécialisé pour remplir tes phylactères (bulles de texte) alors écrit d'abord ton texte à l'encre en respectant la hauteur de lettre à l'aide de ligne pré tracée au crayon. Encres ensuite tes bulles puis tous les cadres et finalement les dessins les un après les autres. Si par malheur tu devrais rater ton encrage tu pourras corriger à l'aide de gouache blanche ou coller des morceaux de papier. Rassures toi cela peut ensuite se retoucher une fois scanné sur un ordinateur. L'encrage se fait à l'aide d'outils divers selon la sensibilité et le choix du dessinateur. Certains utilisent la plume, mais elle doit se roder, s'user pour qu'elles deviennent maniables et n'accroche pas le papier. Une plume bien rodée deviens pour certains dessinateur leur petit bijoux, elle est sacrée, ils la gardent jalousement…j'en ai même vu la mettre sous coffre. Mais elle fini un jour par s'user et il faut alors recommencer le rodage d'une autre. D'autres travaillent avec le pinceau de préférence en poil de martre qui sont des poils fermes. Pour le pinceau il faut toujours veiller comme la plume a bien le rincer pour qu'il ne reste aucun résidu de l'encre que tu as utilisée. Ne laisse jamais ton pinceau se poser sur le fond d'un bol d'eau tu le déformerais irrémédiablement et il serait inutilisable. Veille à ce qu'il ne touche pas le fond.

Une planche de rubine en court d'encrage
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Et puis il y les partisans du rotring rapidograph ou des feutres. A chacun son choix d'outillage. Essaye les tous jusqu'à ce que tu trouves celui qui te convient le mieux. …Une fois l'encrage et le scan de ta planche effectué, tu dois entreprendre le coloriage.
Voici comment ça se passe : Dans le passé on utilisait des méthodes fastidieuses pour la colorisation des planches de bande dessinée. Il y avait les technique dite de « bleu » une photographie de la planche qu'on imprime avec du papier spécial qui ne change pas de taille si on le mouille et a l'aide d'une encre bleue très pâle qui passe pour du blanc au moment de la réalisation des films pour l'impression. Il y a aussi le travail à la gouache, à l'aquarelle, à l'écoline, la méthode dite de l'éponge et du chiffon… Mais ne rentrons pas dans ces détails antédiluviens carde nos jours toute les colorisations se font par ordinateur, bien qu'il y a encore quelques irréductibles de la méthode a papa qui cela dit en passant mérite tout de même mon plus grand respect.
Les logiciels les plus couramment utilisés sont, Photoshop Cs, Painter voir Paint shop pro ou The Gimp. Grâce à la palette de millions de couleur de ces programmes il est très aisé, même pour un néophyte, d'entreprendre le coloriage de planche de bande dessinée. Tu peux faire de beaux effets de dégrader, rajouter un élément de décors, garder un format de couleur constante pour la peau de tes personnages par exemple, des effets de lumières, d'ombrages, de papier a grain, 3d, chromique, inversé, bref tu as d'énormes possibilités. Bien qu'il existe des tablettes graphique qui permettent de dessiner directement sur un ordinateur, rien ne vaut le travail, paradoxalement, d'une planche dessinée à l'ancienne (en parlant du crayonné et de la mise a l'encre bien entendu) mais force est d'avouer que pour une bonne colorisation et un confort d'utilisation optimal il faut avoir néanmoins du matériel informatique assez recent, il ne faut pas se leurrer la dessus.
Voila, ta torture est terminée pour le moment, tu as normalement toutes les bases pour entamer la création de ta bande dessinée. Alors hop, au taff ! Qu'est ce que tu attends?

Avec l'aimable concours du parrain de notre site Bruno Di Sano. (photo © Eric2 )
Toutes images sont © Bruno Di Sano
Pour découvrir le tome 11 ansi que tout la série de Rubine créée Par Mythic, François Walthery et Bruno Disano cliques ICI
Le site de Bruno Di Sano ICI

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