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Cauchemar pour l'éluPublié le 28/07/2010
Cauchemar pour l'élu

Sosie de Jean Reno, Fernando Villa est romancier à succès. Malheureusement, il doit sa réussite professionnelle à une malédiction qui l’a atteint brutalement. Après avoir fumé une étrange herbe chilienne, il se met à écrire en transe pendant son sommeil. Ses textes contiennent une noirceur parfois insoutenable, mais ils révèlent toujours des faits authentiques que Fernando ignorait auparavant. En fait, les victimes de meurtres parlent à travers sa plume. Pour l’écrivain, la vie est devenue un cauchemar. Aussi décide-t-il de se rendre au Chili pour en savoir plus sur cette herbe mystérieuse. A défaut de trouver le vendeur qui est en prison, Fernando rencontre sa sœur, Gabriela. Elle voit en lui l’élu, le kumlikan des indiens, les mapuches comme disent les blancs qui les méprisent et volent leurs terres. Gabriela l’emmène voir un chaman. Là, il se met à nouveau à écrire dans son sommeil l’histoire de Jurgen recueilli par des nazis dans un orphelinat. Il y vivra pire que la pire des humiliations. Fernando va-t-il épouser la cause des mapuches ? Que révèle son nouveau roman sur Jurgen, proche de tous les indiens ?

Le Stephen King de la BD

Le scénariste Alexis Robin a trouvé un filon en or: son héros est un type un peu paumé, un marginal, un looser, un borderline. C’est le personnage type qui fascine. Stephen King n’a-t-il pas exploité le thème de l’écrivain torturé dans plusieurs romans ? Sans être l’égal du maître, Robin ajoute sa griffe: Fernando, l’angoissé de la page blanche, a le don d’écrire dans son sommeil des histoires qui ne sont pas des fictions. Cette fois, Robin replace l’intrigue dans un contexte particulier à deux époques différentes: le Chili de Pinochet et celui d’aujourd’hui où les indiens luttent encore contre les abus du gouvernement. Le roman de Fernando révèle des faits crus et sordides commis par des pédophiles. Robin fait monter le suspense progressivement jusqu’au coup de théâtre final. Le graphisme de Nathalie Berr, se rapprochant d’un roman-photo, sert à merveille l’histoire. Elle réussit à dramatiser le récit par des séquences oppressantes. Le choix des couleurs vise à produire certains effets psychologiques chez le lecteur: peur, dégoût, anxiété. Et, c’est très réussi !

Ce thriller palpitant, conçu comme un one-shot (qui peut se lire indépendamment des épisodes précédents) se dévore d’un trait et passionnera les amateurs de sensations fortes.

Marc Bauloye

Borderline T3 Kumlikan Berr Robin Bamboo Grand Angle



Wikio


Source : Graphivore




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