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Interview de Marvano réalisée par Bruno Gilson dans le cadre de la sortie des tomes 1 et 2 du tryptique "Berlin", paru aux éditions Dargaud.
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Berlin est décliné en trois tomes, deux tomes sont sortis au mois de juin 2007, pourquoi ce choix de sortir 2 albums à la fois ?C'est une décision éditoriale, ils ont voulu éviter le problème de ré-edition car Berlin est en fait un album qui est paru il y a 15 ans. Par conséquent voilà la raison pour laquelle les deux premiers tomes du tryptique sont sortis en même temps.
Vous êtes un passionné de science-fiction et avez créé plusieurs albums dont Dallas Barr, La guerre éternelle ou Libre à jamais. Qu'est ce qui vous a poussé à entreprendre un thème historique tel que Berlin ?Je ne dirais pas que je suis passionné de science-fiction car j'ai arrêté le genre vers la fin des années 70. Pour moi les albums que vous citez ne sont pas vraiment de la S.F. Il faut que je vous explique le contexte : Jo Heldeman avec qui j'ai créé Douglas Barr, est revenu du Viet-Nam en tant que soldat en 1968. Il a voulu ecrire un livre sur ce qu'il a vécu. A cette époque c'était très mal vu aux état-unis que l'on critique le guerre du Viet-Nam. Lui était vraiment passionné de S.F. Et il à par conséquent déguisé en quelques sorte ce qu'il voulait raconter sur le Viet-Nam. Ces histoires sont paradoxalement plus situées sur le présent que sur le futur, ce sont des allégories. Tout ça pour vous dire que, non... je ne fais pas vraiment de la S.F. Quand à la transition elle n'a pas été brutale, non, ce sont des histoires qui sont nées d'une même idée, une volonté de transmettre aux nouvelles générations de ne pas recommencer les mêmes erreurs du passé, faire réfléchir les gens. J'ai voulu montrer que nous avons une histoire avec ses époques tragiques et que nous devons en tirer les leçons et ne jamais les oublier. Je n'ai pas connu la seconde guerre mondiale, mais nous ressentons encore aujourd'hui les conséquences... comme dit cette phrase de Reinhart le goupil dans le tome 2 « une guerre n'est pas finie quand les canons se taisent ».
Quel a été le type de documentation pour Berlin ?Dans le cas de Reinhart, ça n'a pas été évident de trouver de la documentation. Figurez-vous qu'en Allemagne on a déjà presque oublié qu'il y avait le mur de Berlin. Surtout pour les documents sur la fameuse nuit d'août 1961. J'ai été forcé d'aller fouiller dans les archives de l'ex Allemagne de l'est car du côté de l'ouest, peu de documents subsistent contre toutes attentes. Je me suis basé aussi sur de vieux journaux télévisés de l'Allemagne de l'est.
Pouvez vous nous décrire votre méthode de travail ?Je commence par avoir une idée (rires), je rédige un petit résumé pour voir ou je souhaite me diriger et, au fur et à mesure, cela devient de plus en plus détaillé. Je commence ensuite à faire un découpage, voir combien de pages j'aurai besoin. Ensuite je me met au dessin... dailleurs, je suis déjà occupé sur la documentation d'un nouvel album.
Qu'est ce qui vous donne le plus de plaisir dans votre travail ? Le scénario ou le dessin ?Sans aucun doute, le scénario ! C'est comme créer le plan d'une maison. La construire c'est amusant aussi mais le gros du travail est déjà fait. D'après moi le vrai travail créatif est le scénario, le dessin vient au second plan. Ce qui me donne le plus de satisfaction c'est d'écrire une histoire qui tient bien la route. C'est le plus beau moment de mes phases créatives. Le dessin c'est gai... mais pas tout les jours (rires).
Envisagez-vous de nouveaux projets pour le public néérlandophone ?Non, tout ce que j'édite est traduit en néérlandais pour l'autre partie de la Belgique et la Hollande mais je n'ai pas de projet dans ce sens et, de toute façon, le marché est trop limité pour envisager un projet uniquement pour les néerlandophones.
Jean Van Hamme ne tarit pas d'éloges sur votre série "Berlin"... qu'éprouvez vous à ce sujet ?C'est un honneur et un grand plaisir. Je ne savais pas qu'il suivait mon travail de si près. Une attachée de presse m'a annoncé qu'il aimait bien « les 7 nains » et c'est elle qui a notamment suggéré d'ecrire une préface pour la ré-édition. Donc c'était une agréable surprise.
Terminons par la question traditionnelle du Graphivore : si on vous donnait la possibilité d'incarner un personnage de bande dessinée, lequel seriez-vous ?Sans nul doute, l'Orchidée de Cosey.
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