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    avec CÉDRIC HERVAN
 








Interview de Cédric Hervan réalisée par Héloïse Dautricourt


 
Le premier album de la trilogie « le dernier des Schoenfeld » vient de sortir. Pouvez-vous nous le présenter ?
Cédric Hervan : Il s’agit du premier album d’une trilogie scénarisée par Agnès et Jean-Claude Bartoll. Une grande partie de l’intrigue est issue de l’histoire familiale d’Agnès Bartoll. Elle a décidé de s’y replonger et avec l’aide de son mari, de la retranscrire en scénario de bande dessinée.

Au niveau de l’histoire à proprement parler, il s’agit d’une saga familiale : au décès de sa mère, un trentenaire découvre l’existence d’une branche de sa famille dont il ignorait l’existence. Il décide de partir sur les traces de cette branche. Il part à la recherche  des lieux et des personnes vivant encore qui le relient à ce passé…


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Avez-vous déjà reçu l’entièreté du scénario ou les scénaristes vous distillent-ils l’information ?
Cédric Hervan : J’ai déjà tout lu, ce qui est très agréable ! Agnès et Jean-Claude Bartoll ont écrit d’un premier jet une nouvelle d’environs 18 pages qu’ils m’ont transmise. Après, ils l’ont découpée en album et ensuite en planches. Ils m’envoient actuellement les planches par lot de 10 ou 15.

Au départ, je les avais contacté pour un scénario d’aventure. Je me voyais bien à la tête d’une série genre Bob Morane ! Rien à voir donc avec cette trilogie !!! Ils m’ont répondu qu’ils n’avaient pas ce type de scénario sous la main mais m’ont transmis la fameuse nouvelle en me proposant d’y réfléchir. Je l’ai lue et j’ai trouvé cela génial ! Il y a plein de rebondissements et j’ai vraiment accroché. Je l’ai ensuite fait lire à Jehanne, mon épouse qui m’a dit que je serais idiot de ne pas vouloir dessiner un scénario pareil ! La suite, vous la connaissez !


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Cela doit être spécial de travailler avec deux scénaristes qui n’habitent pas dans le même pays que vous. Comment se sont passées la rencontre et l’avancée des albums ?
Cédric Hervan : La rencontre s’est faite via nos blogs sur Internet.

A l’époque, je lisais Mékong, une série d’aventures scénarisée par Bartoll et je trouvais cela vraiment bien. C’était le genre de série que j’avais envie de dessiner. A l’intérieur de l’album, il y avait l’adresse du blog de l’auteur. J’y suis allé et l’ai contacté par ce biais. Je lui avais envoyé quelques planches pour qu’il voie mon travail.  Une heure plus tard, je recevais un mail de retour de Jean-Claude Bartoll qui disait : « Super, j’adore ton boulot, on va travailler ensemble ! » Finalement, l’histoire de la rencontre est assez amusante.


C’est vrai qu’on ne se voit jamais… Nous nous sommes rencontrés une fois mais allons nous revoir dans deux ou trois semaines. Nous avons par contre beaucoup de contacts par mail et par téléphone. Rien qu’aujourd’hui, nous nous sommes déjà échangés quatre ou cinq mails. Grâce à la technologie, on peut faire bien des choses. Ce qui me manque un peu, c’est de ne pas pouvoir se dire « et si on allait manger un bout ensemble ! »



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Avec cet album vous vous écartez du style Jacques Martin avec lequel vous avez débuté votre carrière. Quel est votre bilan par rapport à cette période ?
Cédric Hervan : C’est vrai que c’est assez différent comme style !

Quand j’ai commencé chez Martin, c’était par pur hasard ! Je connaissais quelqu’un qui travaillait chez lui. Au départ, j’ai commencé par faire des couleurs, puis, j’ai eu l’occasion de réaliser des décors et ensuite des personnages pour finalement signer des albums d’Alix.

Cela s’est fait progressivement tout en m’adaptant au style de Jacques Martin et particulièrement à celui d’Alix. Cela n’était pas évident car Alix ne faisait pas spécialement partie de mes lectures d’ado. D’autres lectures ont influencé un style plus personnel, ce qui m’a poussé à faire autre chose et à me lancer dans un style très différent de celui de l’époque Martin.

Quant à mon bilan par rapport à cette époque, je dirais  que c’est comme ça que j’ai commencé ! Travailler  chez Martin n’a pas été évident tous les jours mais j’en garde un très bon souvenir et je suis content d’y avoir appris beaucoup de choses tout en ayant la possibilité de publier. C’est une chance que tous les auteurs n’ont pas !

Cela m’a bien servi quand je suis arrivé chez Glénat pour le présent projet. J’avais la chance d’avoir déjà trois albums publiés chez un autre grand éditeur.



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Combien de temps avez-vous pris pour réaliser votre album ?
Cédric Hervan : Depuis le premier mail jusqu’à la dernière planche mise en couleur, nous avons mis deux ans. Mais il y a eu les premiers essais, des discussions, des contacts avec les éditeurs, la signature des contrats… Ensuite, j’ai dessiné l’album en noir et blanc puis ai réalisé les couleurs moi-même


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Qu’est-ce qui vous a paru le plus difficile à dessiner ?
Cédric Hervan : Deux choses ! D’une part, les personnages féminins. Après avoir réfléchi à la question, je me suis rendu compte que j’avais dû dessiner en tout et pour tout trois filles chez Jacques Martin !!! Autant avouer que les premiers essais furent laborieux !!! En plus, il y a plein de personnages féminins et de tout âge dans l’histoire!!! Ce fut difficile, mais je pense que je suis sur la bonne voie, cela commence à venir !

D’autre part, les voitures ! Je n’en ai forcément pas beaucoup dessiné durant l’époque Martin et, n’étant pas fan de voiture à la base, ce ne fut pas évident. Mais on s’en sort et heureusement, ce n’est pas un album de Michel Vaillant !!!


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Que pensez-vous que le lecteur attende de vous?
Cédric Hervan : Tout et rien à la fois ! Quand on voit le foisonnement de ce qui sort à l’heure actuelle, je ne pense pas qu’un jeune auteur puisse être attendu… Le lecteur va plutôt à la librairie avec son panier à courses et est prêt à faire des découvertes. J’ai envie que le lecteur découvre l’univers proposé par cette trilogie. J’aimerais qu’il comprenne mon style de dessin ; qu’il se dise qu’avec du Hervan, il aura droit à un dessin classique, avec des décors, des personnages… Des choses réalistes mais sans l’être trop quand même. J’espère sincèrement qu’il va adhérer à notre univers.

De là à dire qu’il attend quelque chose… Peut-être pas maintenant, mais cela va venir, j’espère !


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Quelles BDs qui ne sont pas de vous auriez-vous aimé dessiner ?

Cédric Hervan : Beaucoup et des choses très différentes !

Le premier cycle de Théodore Poussin qui m’a d’ailleurs beaucoup influencé. J’aurais vraiment aimé réaliser ces cinq ou six albums.

Egalement, « Le grand pouvoir du Schninkel  » ! Cette histoire est vraiment incroyable.

Tout récemment, j’ai découvert l’univers de Schuiten et j’ai particulièrement aimé « la théorie du grain de sable ». J’ai trouvé cela génial.


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Quel est votre prochain projet ?
Cédric Hervan : Je suis occupé par plusieurs projets en plus de la réalisation du second album de cette trilogie. Entre autre, une série d’aventure dont j’ai moi-même écrit le scénario. Le dossier existe mais n’a pas encore été présenté aux éditeurs. J’aimerais encore l’approfondir un peu avant de me lancer.

Il y a également un projet one shot avec un scénariste débutant sur les poilus.

Et quelque chose de nouveau et de très différent avec Bartoll, mais sur cela, je ne dirai rien !


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Si vous deviez être un personnage de BD, quel serait-il ?
Cédric Hervan : Théodore Poussin, sans hésitations !


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Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
Cédric Hervan : De reprendre Théodore Poussin !!! (Rires)

Que cette trilogie fasse découvrir mon travail à un maximum de lecteurs et que ceux-ci se disent que cela vaut la peine d’être lu ! Mais aussi de continuer à dessiner avec plaisir et passion, de pouvoir en vivre sans avoir à se tracasser tous les jours financièrement, et de m’améliorer dans le dessin des filles et des voitures !!!



 
Serge Dehaes