v2.5  


Error executing query!

Table 'graffivore.Puuube' doesn't exist
Warning: mysql_num_rows(): supplied argument is not a valid MySQL result resource in /home/graffivore/www/Backup2.5/scripts/puuube.php on line 5
 

 
 
 
 
 
 
 

 
    avec MICHEL WEYLAND
 








Interview réalisée par Bruno Gilson à l'occasion de la sortie de l'album "La poupée au yeux de lune", le 29ème épisode des aventures d'Aria (paru aux éditions Dupuis).




Dédicace de Michel Weyland (Dec 2006)
 


Lorsqu’on lit votre biographie, de 1969, date de la parution dans tintin d’une série de S.F. humoristique jusqu'à Aria en 1980, vous avez eu une sorte de traversée du désert. Quelle a été votre motivation pour arriver à l’héroïne célèbre que l’on connaît de nos jours ?

Michel Weyland : Ma motivation a été dictée par le besoin de respirer, de créer, de vivre libre grâce à mon imaginaire et à ma faculté de dessiner... Un vieux rêve que je tentais de réaliser. Je travaillais alors en photogravure, et je ne me voyais pas retoucher des sélections couleurs jusqu'à ma retraite, sous les directives d'un chef d'atelier, même s'il m'arrivait de travailler sur les sélections de Ramiro de W. VANCE. Alors, Aria est arrivée au bout de mon crayon, au bon moment. Ensuite, j'ai plaqué mon travail alimentaire pour me consacrer exclusivement à la BD, avec tous les risques que cela représentait. Pour la BD, il me fallait du temps; alors, le temps, je l'ai pris.



*

*        *



Qu'est-ce qui vous a amené à créer le personnage d'Aria ?


Michel Weyland : Elle est née par hasard. Je griffonnais souvent ce type de personnage ; un jour, je l'ai dessinée sur un cheval, et je lui ai mis une épée en main en l'imaginant évoluer dans la Rome, ou la Grèce antique. Le premier scénario d'Aria la mettait dans un camp militaire.

En dessinant les scènes, le contexte historique de la Rome ou de la Grèce antique perdait sa raison d'être. Le cadre se définissait un peu de lui-même, au hasard du graphisme et du contexte du scénario, puis les aventures d'Aria se sont succédées, sans que je définisse la période historique.



*

*        *



Quel a été l’album que vous avez pris le plus de plaisir à réaliser ?

Michel Weyland : Le premier. Il me fait penser à un pêché de jeunesse, à un essai. Il ne cadre pas avec le reste de la série, tout comme le deuxième qui est un recueil d'histoires courtes destinées à l'origine à alimenter le journal Tintin de l'époque. Commencer à lire la série Aria par le premier tome est une aberration. Il vaut mieux la découvrir à partir du 3e volume.



*

*        *



Vous avez abordé le conte de fées sur fond de science-fiction en 1988 avec Yvanaëlle, la dame de Mordorez, une amazone séduisante. Comptez-vous un jour reprendre ce genre qui est très à la mode ces derniers temps ?

Michel Weyland : Ce genre de BD est devenu en effet tellement courant qu'une deuxième Yvanaëlle risque de passer inaperçue dans le marché actuel



*

*        *



Est-ce difficile de dessiner des héroïnes aussi belles et séduisantes qu’Aria ?

Michel Weyland : Oui, car en réaliste, le moindre faux trait ou la moindre disproportion en fait des monstres. Un nez de travers, un œil légèrement désaxé et voilà Aria atteinte d'éléphantiasis. Elles sont très agréables à dessiner, mais demandent plus d'attention.



*

*        *



Vous avez créé pour l’hebdo belge « Pourquoi pas ? » en 1974 quelques dessins humoristiques. C’est un style que vous pourriez reprendre un jour ou c’est une chose que vous avez définitivement abandonnée ?

Michel Weyland: Rien ne m'empêche de tremper ma mouillette dans l'oeuf du dessin humoristique, si ce n'est le temps... le temps de créer un univers personnel, de trouver des idées et de les mettre en place. Faire un gag de temps en temps ne m'intéresse pas. Bâtir un petit château pierre par pierre, oui... mais pas sur du sable.



*

*        *



Revenons à Aria, qu’est ce qui vous prend le plus de temps, le scénario ou le dessin ?

Michel Weyland : Le dessin. En dessinant 8 heures par jour, je peux réaliser une planche sur 4 jours minimum. Hélas, les imprévus, le courrier, les courses, les démarches, etc... grignotent mon temps de travail. Résultat, la même planche me prend une semaine complète, w-e compris. Quant au scénario, je le réalise dans les moments de tranquillité. Voilà pourquoi je ne me repose jamais.



*

*        *



Quelle est votre méthode de recherche pour l’univers d’Aria ? Quelle sorte de documentation vous procurez-vous ?

Michel Weyland : Je recherche l'exotisme. Je m'évade en créant l'univers d'Aria, mais, comme je n'ai pas le temps de parcourir le monde, je le découvre en moi-même, en l'arrangeant à ma manière. Exercice périlleux, car tout est à construire. La documentation peut m'aider, mais je ne la dessine jamais comme elle se présente. J'ai horreur de dessiner d'après nature. Les centaines de personnages qu'on découvre dans les 29 titres d'Aria ont tous été dessinés de tête ; il en va de même pour les décors. La série complète compte une moyenne de 12.000 vignettes ou 12.000 tableaux, si on les agrandit et les encadre. Tous sont sortis de mon imagination, malgré les tonnes de découpes classées dans des fardes : animaux, êtres humains, paysages, architectures, costumes, armes... Cette documentation s'accumule avec le temps, mais ne me vient jamais vraiment en aide.



*

*        *



Avez-vous déjà une idée générale des situations, des éléments, des protagonistes avant de dessiner votre planche ou contrairement, y allez-vous case par case ?

Michel Weyland : Je ne dessine jamais une planche à l'aveuglette : le décor est planté, ainsi que l'attitude des personnages, les angles de vues et les dimensions des cases. Je commence à crayonner ma page quand le story-board est au point.



*

*        *



A quelle époque se situent les aventures d’ARIA ?

Michel Weyland : L'univers d'Aria n'est pas très historique à proprement parlé ; il se situe dans un lointain passé non répertorié dans nos livres d'histoire, ce qui me donne plus de liberté au niveau du décorum. Quant aux thèmes traités, ils sont bien souvent d'actualité. La contrainte se situe plutôt au niveau du dessin : rendre clair, réel et crédible ce qui sort de la tête, de l'imagination.



*

*        *



De notoriété publique vous êtes un perfectionniste. On dit que vous n’hésitez pas de jeter à la poubelle ce que certains appelleraient « de véritables petits bijoux » quand vous n’êtes pas satisfait du travail. Ça ne vous pose pas un problème de conscience de savoir que vos fans rêveraient d’obtenir la moindre de vos esquisses ?

Michel Weyland : Si je devais avoir une crise de conscience chaque fois que je jette une ébauche, un croquis ou un griffonnage, je serais aujourd'hui dans un asile psychiatrique ! (rires) Je ne montre que ce que je veux bien montrer. Les gribouillis personnels font partie de ma vie privée, je ne les dévoile pas. Il m'arrive parfois de recommencer une vignette ou une demi planche, mais là, je ne jette rien. Ma farde de « chutes » se remplit peu à peu : c'est ça, ma « poubelle » personnelle.



*

*        *



La richesse des couleurs de vos albums est étonnante, qui s’occupe de votre colorisation ?

Michel Weyland : Nadine, mon épouse adorée, s'occupe de la mise en couleur des albums d'Aria. Depuis 2 ans, elle les réalise par ordinateur tout en respectant les ambiances manuelles des 27 titres précédents. Les lecteurs n'ont pas vu la différence du passage vers l'ordi. Elle ne met pas moins de temps qu'avant, mais n'a plus les inconvénients du papier dont la qualité se dégradait d'année en année.



*

*        *




Quelles sont les principales évolutions de votre personnage au cours de la série ?

Michel Weyland : Son évolution s'est faite un peu malgré moi, au fil des récits. J'ai découvert son enfance, son adolescence, les drames qui l'ont touchée, et qui en font une guerrière, une aventurière. Son instinct maternel s'est développé avec la naissance de son fils. Chaque fois, je la découvre un peu plus. Physiquement, elle a aussi beaucoup changé, tout comme mon écriture a changé en 25 ans.



*

*        *




On en est au 29e album d’Aria avec « la poupée aux yeux de lune », rassurez-nous, il y aura encore d’autres aventures ?

Michel Weyland : Le 30ème Aria est en chantier ; au moment où je réponds à cette interview, je commence la planche 8 de « Sacrale ». Quant au 31ème, je n'y ai pas encore pensé.



*

*        *



Pour conclure, quand vous étiez enfant, quel personnage de BD auriez vous aimé être ?

Michel Weyland : Les BD de l'époque se comptaient encore sur les doigts, mais aucun de ces personnages de BD ne m'inspirait. Par contre, je voulais être pilote de ligne sur DC 3, le vieux coucou qui a bercé mon enfance en Afrique. J'en garde toujours la nostalgie.




 
Lemmens - Nihoul